Un nouveau défi pour l'évangélisation


« Jusqu'ici, dans un contexte de chrétienté, l'évangélisation consistait à proclamer la Parole avec conviction. Même si le prédicateur manquait de souffle, la Parole portait des fruits, soutenue qu'elle était par un environnement favorable: la famille, l'école et la société.
Aujourd'hui, le Québec a changé. Nous baignons dans une société séculière où beaucoup de gens s'interrogent sur la pertinence de la foi. Vous constatez comme moi que les structures, parce qu'elles sont neutres, n'offrent plus de support à l'expression de cette foi. À chaque confession religieuse il revient d'accompagner le cheminement de ses fidèles. Dans ce nouveau contexte, évangéliser signifie d'abord d'écouter nos frères et nos soeurs, afin de bien identifier leur recherche d'un sens à la vie. À partir de là, nous chercherons humblement avec eux un éclairage de foi pour les situations concrètes où ils sont immergés. Nous éviterons ainsi de parachuter la Parole dans un terrain mal préparé pour l'accueillir.
À mon avis, l'évangélisation gagnerait à s'inspirer de la stratégie de Jésus avec les disciples d'Emmaüs. Remarquez qu'il les rejoint sur la route et marche avec eux. Avec naturel il s'introduit dans la conversation: 'De quoi parliez-vous donc?' Il commence par écouter le désarroi dans lequel ils sont plongés depuis la mort de leur Maître. Leur désespérance a besoin de s'exprimer sans retenue. C'est un deuxième temps que Jésus éclaire les événements à la lumière de ce que les prophètes ont annoncé. Progressivement, sans contrainte, le coeur des disciples se réchauffe ou se réanime en écoutant la parole dynamisante de l'étranger.
En Église, nous sommes loin de cette pédagogie. Les pasteurs continuent de proclamer leur message sans faire appel à la coopération des baptisés. Je pense à l'homélie dominicale. Pour rester cohérent avec cette affirmation que l'Esprit-Saint agit au coeur de chaque personne, il importe que nous commencions par écouter, par marcher avec les gens que nous voulons évangéliser. À ce moment-là, nous cesserons de nous préoccuper d'un langage plus imagé, mieux adapté. Nous l'aurons appris par une écoute attentive et respectueuse. De ce changement d'attitude apparaîtra un nouveau visage de l'Église et nous serons perçus comme le peuple de Dieu en marche... » Marcel Plamondon, o.m.i. dans le Bulletin d'information des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée de la province Notre-Dame-du-Cap, septembre 2006.  
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