Mc 1,12-15
B - 1er dimanche du Carême
(Traduction officielle de la Liturgie)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
Tentations de Jésus au désert et proclamation de la Bonne Nouvelle
Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert. Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu; il disait: "Les temps sont accomplis: le règne de Dieu est tout proche: "Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle."
Homélie
Mis à l’épreuve pour faire ses preuves
1. Nous connaissons l’importance des ‘tests’: avant de lancer une nouvelle invention sur le marché, on procède à de nombreux essais dans les conditions les plus diverses et les plus difficiles. Et il en est ainsi pour l’emploi de nombreux matériaux en construction. Également les sportifs sont soumis à des camps d’entra înement avant de débuter une saison. Aussi longtemps qu’une personne n’a pas été mise à l’épreuve, elle ne sait pas vraiment ce dont elle est capable. L’épreuve est l’occasion pour quelqu’un de faire ses preuves.
La vie est le défi d’aller au bout de ses capacités. Comme dans une activité physique sur la patinoire, comme un athlète aux jeux olympiques, on a la tentation de retourner en arrière, on a la tentation de ne pas aller au bout de ce dont on est capable, on a la tentation de se croire meilleur qu’on est et de ne pas fournir l’effort requis comme humain, comme chrétien.
2. La vie me dit qu’il y a des exigences à rencontrer:
- meilleure alimentation
- exercices physiques
- relations humaines plus épanouies
- vie spirituelle plus approfondie
Dieu ne nous appelle pas à ‘mal nous alimenter’, à ne rien faire, à bouder, à mépriser la prière, à mourir...
Dieu nous appelle à vivre et à avoir le goût de vivre.
Dieu nous appelle à devenir libres, épanouis, heureux.
Il nous montre ses chemins, par sa Parole, par son Eucharistie (dynamisme vital pour parvenir au but).
Soyons pleins d’initiatives pour améliorer notre milieu en qualité humaine et en vie de groupe! L’avenir de l’Église, Communauté, dépend (non seulement de l’originalité du pasteur); elle dépend surtout de la prise en main de l’Église par les baptisés eux-mêmes.
_________________________________
Histoire: blague
À un mercredi des Cendres, un parent explique à son enfant que les morts deviennent poussière.
L’enfant lui dit: « Il doit y avoir bien des morts en dessous du lit. »
_________________________________
Réflexion (extraite de « Aux fenêtres de l'espérance » de Mgr Tonino Bello, évêque italien émérite) pp.20-22.
À Mario, garde champêtre
Sur le petit sentier de campagne,irrigué par ton sang,poussera une fleur.
Ma lettre te parviendra dans les jardins du ciel, là où une balle reçue en plein front t'a expédié pour toujours, à l'aube de ce blême matin d'automne. Un tragique « ordre de service » t'a contraint à tout abandonner sur-le-champ: ta femme, tes enfants, ton vélo qui avait roulé dans le canal, ton corps étendu sur les pierres, rouges comme des baies gigantesques qui auraient soudainement mû ri sur les broussailles le long du sentier.
Ils t'ont laissé à terre comme une couleuvre. Comme un lézard écrasé. Et ils se sont enfuis. Le premier crime de l'homme m'est revenu en tête: Et comme ils étaient dans la campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.
Pour Abel, un coup de massue sur la nuque. Pour toi, un coup de pistolet en plein front. Malgré les millénaires écoulés, la barbarie est la même. Tout comme le sacrilège de la loi du silence de la campagne corrompue non parce qu'elle était tachée du sang d'un homme, mais parce que son silence surhumain a été violemment détourné en signe de complicité. Qui a été ton Caïn? Un jeune surpris en train de voler? Un voleur à qui tu as ôté sans le vouloir sa certitude de rester impuni? Un forcené qui a déchargé sur toi, avec l'arme que tu n'avais jamais voulu utiliser, la rage de mille injustices subies?Peu importe. Connaître un nom et un prénom de plus ne nous épargnerait pas la honte de penser que la dernière vision de notre ville, celle que tu as emportée au ciel avec toi, c'est l'image sombre d'un homme aux yeux injectés de méchanceté, qui t'a abattu sans pitié.
Adieu, Mario! Si aujourd'hui ton évêque se souvient de toi, c'est parce qu'il sait que tu es un pauvre auquel notre indifférence sociale n'accorde à peine que l'éphémère émotion d'un moment. Dès demain, lorsque ton corps descendra dans la fosse, ton nom sera précipité dans l'oubli. Tu n'es pas un général abattu par la maffia. Tu n'es pas un héros tombé pour un idéal. Ni un homme politique, en l'honneur duquel on érigera un jour un monument. Personne ne donnera ton nom à une rue, pas même à une petite route de campagne.
Tu n'es le symbole de rien. Tu n'es que le symbole de toi-même. Et de ta tragédie, qui pourtant est toujours la tragédie d'un homme, dont la dignité ne se mesure, ni à l'appartenance sociale ni à la notoriété.
C'est pour cela qu'aujourd'hui je veux me souvenir de toi.
Et puisqu'il est justement question de symbole, et sans exagérer, je pense que toi aussi tu peux devenir un symbole.
Celui de tous les innocents de la terre que la férocité humaine tue sur les routes du devoir, et avec lesquels la société règle vite ses comptes en envoyant une couronne sur leur dépouille mortelle et en donnant une pension à leur veuve. Tu es le symbole de tous les pauvres qui, réduits à l'état de scories qu'il faut éliminer, paient en silence un lourd tribut à une civilisation impitoyable, qui discrimine ceux qui sont fragiles et écrase les anonymes.
Tu es le symbole de tous les opprimés du monde, de toutes les victimes de l'injustice, de tous les torturés de la faim, dont les gémissements d'agonisants ne sont recueillis par personne, et qui meurent résignés, sans même l'héroïque illusion de servir une cause. Tu es le symbole de tous ceux qui sont entraînés par un fleuve gorgé d'injustice vers lequel confluent les rigoles de nos violences privées, et que le charisme prophétique des Églises, frappé de mutisme, laisse tranquillement se noyer. Mais ton martyre n'est pas inutile.
Un autre avant toi, conduit muet à l'abattoir et écrasé à cause de nos péchés sur la croix, a planté sur la terre l'arbre de l'espérance qui, depuis ce soir-là, ne s'est pas encore desséché. Adieu, modeste garde champêtre.
Au printemps, sur le petit sentier de campagne irrigué par ton sang, poussera une fleur.
_________________________
Histoire vraie ( extraite de « Ils revinrent tout joyeux » de Thomas Brenti, éd. Béatitudes 2010)
Le jour du départ de Jean-Paul II (2 avril 2005)
J'étais en mission au plein coeur de l'Amazonie.
On venait de me dire que la santé de Jean-Paul II s'était brutalement aggravée
mais, en plein territoire de mission, je ne pouvais obtenir aucune autre
nouvelle. Je voulais tant savoir comment il allait, s'il était déjà au Ciel...
Je priais pour lui.
Je n'avais vraiment pas grand-chose à manger. J'allais faire cuire le peu de riz
qui me restait quand on frappa à la porte. J'ouvris à une dame plutôt âgée qui
me tendit un sac rempli de viande, de pommes de terre, de légumes, de riz et
avec un peu d'argent. Je devais justement payer une dette. La dame me dit: «
C'est pour toi, notre prêtre. »
À ce moment, j'eus honte d'avoir manqué de confiance en Dieu, lui qui
n'abandonne jamais ses enfants, et encore moins les prêtres. Nous parlions avec
cette dame quand elle me raconta qu'elle était venue devant le Saint Sacrement
pour prier pour le Saint-Père qui venait de mourir. Et moi qui attendais de ses
nouvelles... Cette dame me fut envoyée par Dieu. J'allai alors prier avec elle.
J'eus à manger pendant plusieurs jours, je pus payer ma dette et célébrer la
messe pour le Saint-Père. Je ne manque de rien et suis un prêtre heureux.
Père C.A.
Argentine, Diocèse de Port Uguaçu