CATÉCHUMÉNAT DES ADULTES
(cheminement des adultes au baptême)


(textes extraits de « Devenir Chrétien » de Roland Lacroix, Éd. de l'Atelier, Éd. Ouvrières, Paris 2006)

Le parcours catéchuménal
 (selon le Rituel de l'initiation chrétienne des adultes)

1. Entrée en catéchuménat:
 Accueil à l'entrée de l'église
: le prénom du « candidat » au baptême est prononcé à haute voix, signifiant que Dieu et la communauté chrétienne l'accueillent tel qu'il est, prenant en compte son histoire personnelle. Puis un dialogue s'instaure avec le célébrant qui aboutit au témoignage de son (ses) accompagnateur(s) et à sa propre prise de parole comme expression de sa démarche libre, responsable et personnelle.

La signation, l'inscription de la croix du Christ sur le corps du futur baptisé, sur son front, mais aussi  sur ses yeux, sur ses oreilles, sa bouche, son coeur, ses épaules. Tout son être est concerné par le baptême, c'est dans tout son être que devra pénétrer le message évangélique.
Une fois signé, celui qui vient de devenir « catéchumène » est invité à entrer dans l'église pour entendre avec l'assemblée la Parole de Dieu: « Entre dans l'église, pour prendre part avec nous à la table de la parole de Dieu », lui dit le célébrant.

Après l'homélie, le livre de l'Évangile lui est remis: c'est ce livre qui le guidera tout au long de sa vie chrétienne. (Certains célébrants font choisir les textes par le catéchumène dans la préparation et l'invite à en faire la lecture après avoir reçu le livre de l'Évangile...)
Le rite ne se résume pas à une demande officielle ou à un simple accueil. Les catéchumènes le vivent de manière très forte. Il est véritablement le lieu d'un passage, au point que nous pourrions dire qu'il y a un « avant » et un « après ».
Après le temps de la Parole, le catéchumène est invité à se retirer ailleurs  avec son catéchète. Il retourne dans l'église à la fin de la messe pour rencontrer la communauté qui peut prendre avec lui l'apéro.

2. Temps du catéchuménat:
Approfondir un thème.
Témoignage des plus anciens.
Prière de la communauté. Le baptême n'est pas un dû. Il est un don à recevoir. S'en remettre à l'Esprit-Saint.

3. L'appel décisif:
Durant le Carême.
Reformulation de la demande initiale. Lettre à l'évêque. Appel de l'évêque.
Rassemblement de tous les catéchumènes. Communauté de demande et de désir qui rencontre l'appel de la grande "Église" réunie autour de l'évêque...
Prise de conscience des exigences (conversion de la mentalité et des moeurs; pratique de la charité; connaissance suffisante du mystère chrétien; une foi éclairée); participation croissante à la vie de la communauté; volonté explicite de recevoir des sacrements de l'Église. Après l'appel décisif, on incitera l'élu à suivre le Christ avec une générosité plus grande. Inscription dans un registre.

4. Temps du Carême:
Temps de retraite spirituelle.
- les scrutins:
(vient du mot "fouiller" par des exorcismes "faire sortir").
Les appels à suivre le Christ selon l'Esprit et les appels contraires...(combat spirituel; résistances en soi et autour de soi). On n'est pas chrétien une fois pour toutes: d'où l'exigence du devenir chrétien, comme la Samaritaine qui découvre l'identité de Jésus, comme l'aveugle-né qui accède à la parole, comme Lazare qui devient  signe de vie et de liberté.
Rite de fortification avec le Christ : l'impositions des mains.
Autre rite de fortification avec le Christ: l'huile des catéchumènes.
- Traditions
(transmettre et remettre) et effétah (ouvre-toi):
Transmettre le dépôt de la foi (le Credo et le Notre-Père).
On peut remettre le Notre-Père sur parchemin.
Le samedi saint au matin a souvent lieu le dernier geste que les catéchumènes reçoivent en tant que tels: « Ce rite, par son symbolisme propre, exprime la nécessité de la grâce pour entendre la parole de Dieu, et la proclamer pour le salut. » Le  célébrant touche les oreilles et la bouche des catéchumènes en déclarant: "Effétah" "Ouvre-toi, afin que tu proclames la foi que tu as entendue pour la louange et la gloire de Dieu." Que reste-t-il à dire à celui ou celle qui s'apprête à recevoir le baptême le soir même?

5. La Veillée pascale:
L'unité des trois sacrements de l'Initiation chrétienne:
le BAPTÊME: on plonge la tête du catéchumène jusqu'aux yeux: comme symbole de Dieu Lumière. On plonge une deuxième fois la tête jusqu'aux oreilles: comme Jésus guide d'amour de Dieu. On plonge une troisième fois la tête jusqu'à la bouche: comme l'Esprit-Saint, Souffle de Dieu.
la CONFIRMATION (qui peut être reçu plus tard dans le temps).
l'EUCHARISTIE: communion avec le Christ.

6. Mystagogie: cheminement par la continuité. Participation à la messe: place est faite aux néophytes.
Fin de la période mystagogique à la fin du temps pascal.

Rencontre des néophytes à la date anniversaire du baptême?
Célébration eucharistique avec l'évêque et les nouveaux membres une fois par an?

Le Rituel de l'Initiation chrétienne des Adultes ne propose pas les étapes liturgiques du baptême comme une simple préparation au rite de l'eau; chaque étape est sacramentelle:
«
Dans une perspective d'initiation, écrit Henri Bourgeois, le sacrement n'est pas ponctuel, il se célèbre par ÉTAPES, progressivement [...] La concentration des sacrements d'initiation dans des actes très délimités (geste de l'eau, de l'huile, du pain et du vin) risque d'entraîner quelque "fétichisme" de l'acte sacramentel, comme si le don de Dieu survenait seulement à la fin du parcours initiatique. »
Henri Bourgeois, Théologie catéchuménale, Paris, Cerf, Théologies 1991, p. 162.

« Il s'agit de vivre l'ineffable qui transforme la vie, en cherchant après coup les mots pour le dire.» Ces mots vont se déployer en une véritable autobiographie spirituelle dans laquelle le converti va tenter de lire les traces de la présence de Dieu - et de son appel - dans sa vie passée. » p. 90

« Les catéchumènes parlent souvent d'un DÉCLIC  qui les a décidés. Il y a eu un facteur déclenchant: un événement heureux, malheureux, une lecture, une rencontre...a ouvert une brèche, une suite possible, un espace où se mouvoir autrement. On commence à devenir chrétien grâce à une occasion qui se présente ou lors d'une étape importante de sa vie. Face à ces événements-déclics, certains réagissent, d'autres non: chaque personne garde son mystère. Le déclic est le point de départ de la démarche, il n'en est pas l'origine. L'origine, c'est la rencontre entre Dieu et l'autre, l' « auto-communication » de Dieu chère à Karl Rahner. Une rencontre qui date parfois de plusieurs années: "Enfant, je parlais déjà à Dieu", confient certains catéchumènes. Le déclic ne correspond pas non plus au moment de la conversion. La foi est un investissement à long terme plus que la lumière d'un instant. » p. 93.

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